« [Sarlat] détient la plus forte densité en monuments historiques et classés en Europe », indique le site Vpah-nouvelle-aquitaine.org, la plateforme qui regroupe les « villes et pays d’art et d’Histoire « (VPAH) en Nouvelle-Aquitaine ; cette information, on la retrouve également dans le Livre Guinness des records. Mais si Sarlat est un véritable livre d’Histoire à ciel ouvert, son attractivité ne repose pas tant sur le nombre de monuments classés que sur la qualité de conservation de ceux-ci. « L’intérêt pour la conservation du patrimoine s’est manifestée [dans la cité médiévale] dès les années 1950 », peut-on toujours lire sur le site des VPAH en Nouvelle-Aquitaine. Autant dire que, bien que la restauration des monuments historiques, en particulier des édifices à usage d’habitation, comme les châteaux ou les manoirs, soit une affaire délicate, Sarlat possède une longue expérience en la matière.

Plusieurs bâtisses anciennes reconverties en hôtels

Le moins que l’on puisse, c’est que les visiteurs, à Sarlat, ont largement le choix parmi différentes gammes d’hôtels. La cité médiévale et ses alentours regorgent d’établissements étoilés, mais aussi d’hôtels ou de restaurants pas chers. Il est par ailleurs possible de trouver, sans difficulté, un bon restaurant mettant à l’honneur la tradition gastronomique locale, ou encore un hôtel spa Sarlat confortable, qui soit situé dans le centre historique ou, à tout le moins, dans un périmètre proche du secteur sauvegardé.

On constate également qu’un certain nombre de restaurants mais surtout d’hôtels sont en réalité des immeubles datant pour la plupart du Moyen-âge. C’est le cas par exemple de l’hôtel La Couleuvrine – l’un des établissements les plus réputés de la région –, situé, à deux trois pâtés de maisons du centre historiques, dans une ancienne forteresse rénovée du 13ème siècle ; on citera également l’hôtel-restaurant La Hoirie, une ancienne ferme du 13ème siècle, l’hôtel des Récollets, un ancien couvent du 17ème siècle ou encore Sarlat Côté Jardin, occupant une maison du 16ème siècle.

Les enjeux de la restauration des monuments à usage d’habitation

Les difficultés techniques sont considérables, et la restauration des bâtisses anciennes prennent toujours du temps. L’extrait d’un article publié en février 2010 par Florence Evin, journaliste au Monde permet de se faire une idée de la délicatesse d’une telle opération : « La restauration dans les règles de l’art d’un monument historique à usage d’habitation est une aventure délicate. Apporter un confort dernier cri à un édifice classé peut porter atteinte à son intégrité patrimoniale. Gommer les strates de l’Histoire pour revenir à un état initial supposé de l’édifice, c’est aller contre la charte de Venise (1964), qui préconise de conserver les traces de son évolution. »

Mais ces obstacles n’ont pas découragé la ville qui, depuis des décennies, mènent des campagnes de réhabilitation des immeubles comme des espaces publics. Il faut dire que Sarlat fait partie de ces localités qui prennent conscience des « enjeux que représente l’appropriation de leur architecture et de leur patrimoine par les habitants », comme indiqué sur le site Culture.gouv.fr, concernant les critères d’attribution du label VPAH ; le site du ministère de la culture ajoute par ailleurs que la ville est censée s’engager « dans une démarche active de connaissance, de conservation, de médiation et de soutien à la qualité architecturale et du cadre de vie. »

Les différentes campagnes de sauvegarde menées à Sarlat

« Les représentations du festival des Jeux du Théâtre, créé en 1952, s’effectuent en décor naturel », peut-on lire sur le site du réseau des VPAH en Nouvelle-Aquitaine, qui indique que cette réalisation fut rendue possible par les premiers travaux de restauration de cette décennie. La plateforme précise par ailleurs que l’essentiel des efforts s’est tout de suite concentré sur le « noyau historique » qui, dans le cadre de la loi Malraux, en vigueur depuis 1964, bénéficie « d’un plan de sauvegarde et de mise en valeur ».

Les premiers projets de réhabilitation auront permis en tout cas de créer un premier périmètre – « premier îlot opérationnel » – d’une superficie de 1.75 hectare (sur les onze hectares du secteur sauvegardé actuel) ; le premier îlot en question correspond à « la partie la plus peuplée et la plus dense en monuments historiques », précise le site Vpah-nouvelle-aquitaine.org ; les travaux réalisés dans ce périmètre se poursuivent jusque dans les années 1970, ce qui aura permis de « sauver » le patrimoine de la ville.

La restauration du patrimoine architectural de Sarlat se poursuit dans les années 1990. Plus tard, la ville s’engage dans une nouvelle dynamique de réhabilitation des immeubles et des espaces publics – rénovation des réseaux et du pavement, installation de nouveaux éclairages (à gaz) qui permet au passage d’organiser des visites guidées nocturnes… Cette campagne récente a pour particularité de ne pas se cantonner au seul secteur sauvegardé du centre historique, « [s’étendant] à la rue principale et aux entrées de la vieille ville ». Ces projets apportent en tout cas une bouffée d’oxygène pour le centre historique et le commerce dans ce périmètre.